Jour historique pour le rugby Irlandais. 61 ans après, le XV du Trèfle a obtenu son 2ieme grand chelem, après un match a suspense face aux Gallois. 17 – 15, victoire acquise grâce a un drop de Ronan O’Gara. Le sorcier Irlandais Declan Kidney a réussi un coup de maître pour son premier Tournoi.
61 ans. L’ouvreur de 1948, Jack Kyle, présent dans les travées, devait être plus que ravi de voir enfin ses successeurs a la téte de l’Europe. Depuis samedi soir, c’est fait. l’année 2009 était celle de l’Irlande. Et la dernière victoire, obtenue après un match haletant dans l’antre galloise, en était l’illustration parfaite. Sans oublier les 4 précédents matchs, contre la France, l’Italie, l’Angleterre et l’Ecosse.
Un triomphe du a pourtant pas grand chose. Une pénalité de Stephen Jones (auteur de la totalité des points gallois) un peu courte, et la génération des « O’brothers », réduite depuis tant de temps aux seconds rôles, enfin sur le devant de la scène. Grâce a quoi? Un drop d’O'Gara, et surtout, le sélectionneur. Declan Kidney, ancien sélectionneur du Munster, qui officie pour la première année a la tête de l’équipe d’Irlande. Pour son premier tournoi, il n’aurait pas pu faire mieux. Ajouté aux titres qu’il a bien mérité, il a aussi gagné quelque chose de très important. Le respect des supporters, parce qu’il a prouvé qu’on pouvait réussir tout en étant un néophyte complet a la tête de son équipe. (Non, absolument personne n’est visé.)
Au début du match, personne n’a pu rater le croc en jambe de Ryan Jones sur O’Gara, le début de la bagarre générale, qui offre a l’irlandais la possibilité d’ouvrir le score sur pénalité. Ronan O’Gara, qui est depuis quinze jours le meilleur réalisateur du Tournoi, dépassant même Johnny Wilkinson, a loupé les poteaux, ayant sans doute réalisé l’ampleur de l’événement et prenant enfin en compte l’extraordinaire tension ambiante. Les quinze minutes suivantes sont infernales, a l’image des défenses intraitables, et des équipes en général. Ni l’Irlande, ni les Gallois ne veulent céder en premier.
Et puis, parlons un peu de l’arbitrage. L’arbitre, surprenant, qui connaît très bien Cardiff pour y avoir arbitré le quart de finale de la discorde en 2007. Oui, c’était Barnes. Qui, pour une fois, n’a pas eu le sifflet facile. Peut être que c’était parce que l’enjeu du match était important (La coupe du monde a coté, ce n’est pas important, on peut se permettre un arbitrage laxiste envers les français…) ou simplement qu’il s’est amélioré, mais sur l’ensemble du match, c’est très surprenant, il n’a pas fait d’énormités.
La première véritable opportunité est venue avec la mêlée a cinq mètres pour les Irlandais. O’Driscoll négocie mal un trois contre deux, avec un en-avant, tandis que Kearney était au soutien. La domination du pack Irlandais était inexistante, l’enjeu tuant peu à peu le jeu. O’Gara ne tentait pas le drop, les Gallois en ont donc profité. Stephen Jones passa donc 2 pénalités. Les Irlandais manquaient de réalisme, et de maîtrise. Comme par exemple, la totale incompréhension, suite pourtant à une prise de balle en touche sur lancer adverse, qui conduit deux Irlandais à un écran et un contact coupables, synonyme de pénalité à près de 50 mètres des poteaux pour l’ouvreur Gallois.
A la pause, le pays de Galles est a 7 points d’une deuxième victoire, et du coté Irlandais, le Grand Chelem allait devoir être attendu un an de plus.
Mais le XV d’Irlande a été constant dans tout le tournoi, attaquant a fond sur les secondes mi temps. Au début de la deuxième mi temps, les avants irlandais ont pilonné la ligne adverse, et ça a payé. O’Driscoll est venu aider ses avants, et s’est, quelques secondes plus tard, écroulé sur la ligne. Après de longues secondes d’attente, l’arbitrage vidéo (M. Poite, un Français!) déclare l’essai valable. Bien que la ligne… Enfin, a la 44ième, on avait un score de 6-7. Les verts peuvent donc commencer a respirer, surtout que Ronan O’Gara reprenait enfin ses esprits, et alternait au pied, une passe dans la profondeur pour Bowe (Qui a du perdre des supporters dans son club. L’Irlandais joue en effet pour les Ospreys.), a l’origine de l’action qui mena au premier essai, échappe a la défense adverse et file a l’essai. 48ème minute, 6-14.
On dit que c’est a partir de deux essais transformés de plus qu’une équipe est foutue. (Preuve, Angleterre France, ou on savait dès la deuxième minute qui allait gagner.) La, les Gallois pouvaient encore se reprendre, a l’image de Stephen Jones qui ramena ses coéquipiers a deux points, après deux pénalités (51 et 56ième). A la 58ième, la surprise est de taille quand Gavin Henson s’apprête a passer la pénalité. Rappelons qu’en 2005, face a l’Angleterre, et une pénalité de la même longueur, il avait été décisif. La, il a été trop court. La défense verte est sous une pression colossale de la part des Gallois. La nervosité, a quelques minutes de la fin, est palpable. L’ouvreur Gallois passa le drop, privant l’Irlande du Grand Chelem, mais n’assurait pas les Gallois de conserver leur couronne. Manque de chance pour les Gallois, l’Irlande de Declan Kidney n’a rien a voir avec celle de la dernière coupe du monde, ou celle de l’an dernier. Les joueurs verts ont tout fait pour mettre O’Gara en position de drop. 15-17, un peuple en liesse parce qu’ils l’attendaient depuis 61 ans, ce Grand Chelem…